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Aimé Césaire, ou l’illusion de la liberté

« S’il choisissait l’anticolonialisme, il demandait l’indépendance. S’il choisissait l’assimilation, il devenait un génie de la norme qui l’avait esclavagisé, colonisé, chosifié. Finit-il enfin par choisir, trancher ?

« Interloqué à l’instar de ce gendarme français devant un sujet qui venait de Bavière : “Votre état, monsieur ? — Poète, lui répondit l’homme. — Ah, fort bien. — Votre profession alors ? — Écrivain, sergent. — Tout à l’heure, vous m’avez dit que vous étiez poète. Et maintenant, vous prétendez que vous êtes écrivain ! Poète et écrivain, comment pouvez-vous cumuler les deux ?” Non, il ne cumulait pas. Césaire était l’un dans l’autre arpentant le chemin de l’assimilation. » (…) « La liberté au sens universel, donc nécessairement subversive, quoique nécessairement légitime, cette liberté-là, il n’en voulait pas ; il voulait la liberté à l’intérieur des frontières de la France : une liberté légale strictement réglementée par les lois de la République. Mais pour cela… en toute connaissance de cause, oui, il savait que pour cela il lui eût fallu être Français, lui et les siens, tous les siens. Liberté universelle, celle des droits de l’homme et liberté légale, celle « citoyenne » assujettie aux représentations de la raison d’État sont, a lâché un ministre, incompatibles. La France, pays des droits de l’homme, a tort de se doter d’un ministère des Droits de l’homme. »

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