Les herbes

18.90

À l’ouverture du roman, des herbes s’écartent sous les yeux du narrateur. Et ce qu’il aperçoit c’est… son personnage. Mu par le désir, il se met alors à poursuivre, sur un chemin qui est celui du roman en construction, ce qui a eu l’intensité fugace d’une vision. Celui, celle, qu’il poursuit va constamment se dérober ou se donner par fragments. Un enfant ou une femme ? Une fille ou un garçon ?

  Car c’est par lui-même que le narrateur est suivi. Par ses origines dont le fil continu au long du roman, est celui de la Boutonne, la rivière de l’enfance. Par sa mémoire, son histoire dont on n’aura que des bribes comme des herbes qui se seraient prises aux rives.

Le texte est alors également l’histoire d’un roman – hésitations, ratures, corrections, réflexions et digressions d’une voix intérieure, carnet de travail – autant que celle d’un visage entraperçu l’espace d’un instant, celui d’un personnage ou du narrateur lui-même en personnage, ce double rêvé de tout écrivain, ce « double » ou cette image dédoublée qui est constamment devant celui qui écrit et cependant derrière lui.

Une autobiographie onirique et l’histoire d’une naissance : celle du texte.

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